mardi 21 janvier 2014

Les Paysans Africains luttent pour garder leurs terres !


Les paysans de Sierra Leone refusent de laisser accaparer leurs terres pour une plantation de palmiers à huile !



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Des membres des communautés affectées par ces plantations en monoculture et des organisations de la société civile venues d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud et d’Asie, se sont rencontrés à Calabar, au Nigeria, du 2 au 5 novembre 2013. 
Ils ont partagé leurs témoignages et leur analyse des conséquences de la rapidité et de la brutalité de cette expansion des plantations d’huile de palme en monoculture imposée par les multinationales dans divers pays et communautés.

Troisième partie d’une série d’entretiens illustrant la résistance à l’expansion des plantations de palmiers à huile en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.




Le 9 décembre 2013, une réunion a été organisée dans le district de in Pujehun à propos de la location de 6 500 hectares de terres agricoles de qualité dans cette partie sud-ouest de la Sierra Leone. 
Selon des sources locales, les anciens avaient organisé cette réunion pour permettre aux gens d’exprimer à nouveau au chef suprême leurs griefs concernant le bail foncier accordé à la Socfin Agricultural Company.

Dans le village de Libby Malen, des centaines de personnes attendaient l’arrivée des autorités de la chefferie quand ils ont appris que neuf habitants du village avaient été battus, puis arrêtés par la police alors qu’ils se rendaient à la réunion. Plus de trois cents personnes ont immédiatement quitté la réunion pour aller au commissariat de Sahn, la ville voisine, et demander la relaxe des villageois.

En chemin, ils ont rencontré une troupe de policiers qui ont lancé des gaz lacrymogènes et tiré à balles réelles sur la foule, faisant de nombreux blessés graves. 
Une personne a reçu une balle dans le cou et au moins 57 villageois ont été arrêtés et passés à tabac. 
Peu après, un groupe de voyous qui, selon des témoins, feraient partie de la police et/ou de l’entreprise, ont attaqué les villageois à Libby Malen même, forçant les gens à s’enfuir dans la jungle.

Depuis un certain temps déjà, ceux qui travaillent avec les communautés locales tentent d’avertir le gouvernement et l’entreprise de la dégradation de la situation dans le district de Pujehun.

 
 Safiya Vandi (en vert) a une réunion au Nigéria : elle s’est placée devant le bulldozer pour les empêcher de défricher sa terre, vendue sans son consentement. (Photo : GRAIN)

"Actuellement, les gens de cette communauté souffrent de la faim",  a expliqué Frank Williams, responsable réseaux de l’ONG Green Scenery au cours d’un entretien avec GRAIN en novembre. Williams est également le coordonnateur d’ALLAT – “Action for Large scale Land Acquisition Transparency’’ [Action pour la Transparence dans l’Acquisition de Terres à Grande Échelle]– une coalition d’organisations de la société civile formée en 2012 pour surveiller les questions foncières.

"Ils n’ont pas assez de terres à cultiver. 
Leurs terres leur ont été enlevées. 
Les emplois que la société leur a proposés… leur rapportent moins de 50 dollars par mois. […] 
Tout ça, ce sont des problèmes pour la communauté. 
Et on imagine très bien les conflits à venir si le gouvernement ne réagit pas immédiatement pour trouver des solutions."

Le district de Pujehun, situé dans le sud-est de la Sierra Leone, a été sévèrement affecté par la guerre civile qui s’est terminée en 2002. 
Aujourd’hui, ce district fait partie des régions où le gouvernement tente d’attirer les investissements étrangers pour installer des plantations industrielles de palmiers à huile. 
Mais les communautés locales refusent que de vastes parcelles de terres soient cédées aux sociétés étrangères.

Deux sociétés – Socfin, la filiale d’une entreprise luxembourgeoise contrôlée par le groupe Bolloré et le groupe indien Siva Group/Biopalm Star Oil – ont à elles deux acquis les droits d’exploiter une zone de près de 90 000 hectares s’étalant sur cinq des chefferies du district. 
 

 
 
Les villageois concernés déplorent qu’il n’y ait eu aucune consultation pour permettre aux membres de la communauté de comprendre la transaction avant qu’on ne leur demande de signer les document et beaucoup refusent de céder leurs terres.
L’incident de décembre n’est que le plus récent d’une série de réactions hostiles de plus en plus violentes de la part des autorités, face à la résistance des communautés qui perdent leurs terres.

En décembre 2012, 101 membres de familles du district propriétaires de leurs terres avaient écrit à la Commission des Droits humains de Sierra Leone pour se plaindre de l’absence de consultation, de la destruction de leurs récoltes et de leurs terres et d’un constant harcèlement de la part du chef suprême du district, de la police et du personnel de Socfin.  
L’ONG locale Green Scenery a mené une mission d’investigation sur les transactions foncières réalisées dans le district et a publié un rapport.

La réponse de la filiale locale de Socfin a été de déposer plainte pour diffamation contre l’ONG.

Puis, en octobre 2013, indique Williams, la société a accusé plusieurs membres de la communauté d’avoir détruit des palmiers lui appartenant.
"Six personnes ont été arrêtées," dit Williams. 
"Les plaintes déposées contre elles : un, incitation à la violence, deux complot, et trois, destruction de biens appartenant à la société. Telles sont les charges portées contre les six personnes arrêtées par Socfin."

Elles ont été incarcérées pendant plusieurs semaines avant d’être libérées sous caution fin novembre. 
L’une d’entre elles faisaient partie des villageois arrêtés devant le commissariat de Sahn le 9 décembre.

Williams rappelle que les membres de la communauté sont fermement résolus à mettre fin aux manoeuvres de la société, malgré la violence et l’intimidation dont ils sont victimes. 
Il fait part de l’histoire de Safiya Vandi, qui a refusé d’accepter que sa terre, vendue sans son consentement, ne soit détruite pour laisser la place à une grande plantation de palmiers à huile.

"Avec courage et détermination, cette femme s’est placée devant le bulldozer pour les empêcher de défricher sa terre," raconte Williams. 
"Et son intervention a arrêté le travail ce jour-là. 
Des cas comme ça risquent de se reproduire fréquemment, parce que les membres de la communauté n’arrivent pas à faire entendre leurs griefs."

Source :
http://www.mondialisation.ca/les-paysans-de-sierra-leone-refusent-de-laisser-accaparer-leurs-terres-pour-une-plantation-de-palmiers-a-huile/536474
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Plainte contre un projet américain de culture de palmiers à huile !


 
 
Deux ONG camerounaises ont annoncé jeudi dans un communiqué avoir porté plainte aux États-Unis "pour corruption" contre la compagnie américaine Herakles Farms qui mène un projet controversé de culture de palmiers à huile au Cameroun. 
 
"Le Centre pour l’environnement et le développement et le Réseau de lutte contre la faim (Rélufa), ont saisi ce jour (jeudi) le gouvernement américain" pour porter "plainte aux Etats-Unis contre (…) Herakles Farms pour corruption", écrivent les deux ONG. "Nous pensons que la compagnie américaine s’est rendue coupable d’une violation de la directive de l’OCDE contre la corruption. C’est pour cela que nous avons introduit une plainte aux Etats-Unis", a expliqué à l’AFP Samuel Nguiffo, secrétaire général du CED. 
 
En 2009, le gouvernement camerounais avait signé avec Herakles Farms un accord de principe pour une concession de plus de 73.000 hectares dans le sud-ouest pour la culture du palmier à huile. 
Dans la "plainte" envoyée jeudi à la direction des affaires financières et des entreprises du département d’Etat américain, le CED et le Rélufa demandent "une enquête approfondie" sur des "allégations de corruption (…) portées contre Herakles Farms". 
 
Les deux ONG citent notamment un rapport du ministère camerounais des Forêts fin avril dans lequel "il est écrit notamment que l’acquisition des terrains (par la compagnie américaine) se fait par intimidation et corruption des chefs traditionnels et de quelques membres influents de la communauté". 
Elles mentionnent également un autre rapport accablant émanant de Greenpeace International et Oakland Institute en mai affirmant que "des employés d’Herakles Farms auraient pris part à des activités de corruption (…) pour rallier un plus grand soutien en faveur du projet au Cameroun". 
 
Les ONG citent enfin le quotidien français Le Monde qui, dans son édition du 23 mai, faisait état d’ "un entretien" dans lequel "un haut fonctionnaire du ministère camerounais du cadastre raconte également comment des emplois pour ses proches lui ont été promis par Hamilton James, alors directeur opérationnel de Herakles Farms au Cameroun". 
"Ces allégations sont très graves et l’absence de réaction de la compagnie nous inquiète", a souligné M. Nguiffo. 
 
Source : http://fr.africatime.com/cameroun/articles/plainte-contre-un-projet-americain-de-culture-de-palmiers-huile




A lire aussi : l’activiste Nasako Besingi raconte comment il a été battu, arrêté et assigné en justice pour avoir soutenu des villageois camerounais qui défendaient leurs terres contre le fonds de couverture américain Herakles Capital. 
 
 

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