dimanche 27 avril 2014

Monsanto en Argentine, un bilan accablant !


Santé : Monsanto en Argentine, un bilan accablant !

Novopress a traduit en français une enquête décapante de Micheal Warren et Natacha Pisarenko (Associated Press) datant du 20 octobre dernier et portant sur les effets secondaires dévastateurs des produits agro-chimiques de la firme Monsanto, multinationale spécialisée dans les pesticides et semences génétiquement modifiées.


In this March 29, 2013, photo, former farmworker Fabian Tomasi, 47, shows the condition of his emaciated body as he stands inside his home in Basavilbaso, in Entre Rios province, Argentina. Tomasi’s job was to keep the crop dusters flying by quickly filling their tanks but he says he was never trained to handle pesticides. Now he is near death from polyneuropathy. "I prepared millions of liters of poison without any kind of protection, no gloves, masks or special clothing. I didn't know anything. I only learned later what it did to me, after contacting scientists," he said. (AP Photo/Natacha Pisarenko)


L’ouvrier agricole Fabian Tomasi n’avait pas l’habitude d’utiliser des vêtements de protection lorsqu’il manipulait des pesticides sous forme pulvérulente. 
À 47 ans, il n’est plus aujourd’hui qu’un squelette vivant. 
L’institutrice Andrea Druetta vit dans une ville où il est illégal d’épandre des pesticides à moins de 500 mètres des habitations, et pourtant, il y a du soja planté jusqu’à 30 m de son domicile ; récemment, ses garçons furent arrosés de produits chimiques alors qu’ils se baignaient dans la piscine derrière la maison. 
Les recherches menées par Sofia Gatica pour comprendre la mort de son nouveau né suite à des troubles rénaux a conduit l’an dernier à la première enquête en Argentine sur les épandages illégaux. 
Mais 80% des enfants en observation dans son voisinage portent des traces de pesticides dans leur sang.


La biotechnologie américaine a hissé l’Argentine au troisième rang des plus importants producteurs de soja, mais les produits chimiques à l’origine de ce boom ne sont pas circonscrits aux seuls champs de soja, de coton et de blé. 
L’Associated Press a relevé des dizaines de cas où ces poisons sont utilisés de manière contraire à toutes les règlementations existantes.
Et les médecins avertissent maintenant que l’usage incontrôlé de pesticides pourrait être la cause de plus en plus de problèmes de santé parmi les 12 millions d’habitants de la plus vaste zone agricole du pays.
 


 In this April 1, 2013, photo, Silvia Alvarez leans against her red brick home while keeping an eye on her son, Ezequiel Moreno, who was born with hydrocephalus, in Gancedo, in Chaco province, Argentina. Alvarez blames continuous exposure to agrochemical spraying for two miscarriages and her son's health problems. Chaco provincial birth reports show that congenital defects quadrupled in the decade after genetically modified crops and their related agrochemicals arrived. (AP Photo/Natacha Pisarenko)


Dans la province de Santa Fe, cœur de l’industrie du soja, le nombre moyen de cancers est deux fois supérieur à la moyenne nationale. 
Dans le Chaco, la province la plus pauvre du pays, les enfants ont quatre fois plus de risques de naître avec de graves troubles congénitaux depuis ces dix dernières années, marquées par l’expansion dramatique d’une industrie agricole liée aux biotechnologies.
"Les changements dans la manière de cultiver ont clairement modifié les caractéristiques des maladies" affirme le Dr Medardo Avila Vasquez, pédiatre cofondateur de l’association "Doctors of fumigates towns" (médecins des villes sous fumigation). 

"Nous sommes passés d’une population en excellente santé à une autre avec un taux de cancers, de troubles en néonatalogie et de maladies, rarement observé antérieurement".

Connue autrefois pour sa viande de bœuf issue de ses vastes prairies, l’Argentine a subi une remarquable mutation de puis 1996, quand la compagnie Monsanto, domicilié à St Louis (USA), vendit la promesse de meilleurs rendements avec moins de pesticides grâce à ses semences et ses produits chimiques.
Aujourd’hui, tout le soja argentin, mais aussi la plus grande partie de son blé et aussi de son coton, sont issus de semences génétiquement modifiées. La culture du soja a triplé pour atteindre 47 millions d’âcres (environ 19 millions d’hectares), et comme aux USA, le bétail est maintenant nourri de soja et de céréales dans des parcs d’engraissage.
 

In this Sept. 23, 2013, photo, empty pesticide containers ready for recycling are collected inside an enclosure by the farming business association in Gualeguaychu, in Entre Rios province, Argentina. Widely ignored Argentine health minister guidelines recommend perforating empty containers to prevent reuse by residents. The association says the containers will be recycled into plastic tubing. (AP Photo/Natacha Pisarenko) 

 Stockage de bidons d'insecticide vides !

Mais lorsque les insectes et les mauvaises herbes devinrent à leur tour résistants, les agriculteurs multiplièrent par neuf la charge en produits chimiques, passant de 9 million de gallons (40 millions de litres) en 1990 à plus de 84 (378 millions de litres) aujourd’hui. 
Et surtout les agriculteurs argentins épandent aujourd’hui 4,3 livres de concentré de pesticides par âcre (soit environ 5 kg à l’hectare), deux fois plus que les agriculteurs américains, si l’on en croit une enquête d’Associated Press croisant les données gouvernementales et celles de l’industrie des pesticides.

En réponse à un nombre croissant de plaintes, la présidente Cristina Fernandez créa en 2000 une commission pour étudier l’impact des épandages de produits phytosanitaires sur la santé humaine. 
Son premier rapport demanda "un contrôle systématique des concentrations d’herbicides et de leurs composants… ainsi que des études approfondies tant en laboratoire que sur le terrain lors de l’usage de formules contenant des glyphosates (herbicide systémique connu sous le nom de Roundup), ainsi que de son interaction avec d’autre produits agro-chimiques utilisés actuellement dans notre pays". 
Mais la commission n’a plus siégé depuis 2010 comme le découvrit récemment le vérificateur général. 

Dans une déclaration écrite, le porte-paroles de Monsanto, Thomas Helscher, assure toutefois que le compagnie « ne ferme pas les yeux sur les mauvais usages de pesticides, ou la violation des lois concernant leur usage ».
Une étude épidémiologique portant sur 65 000 personnes à Santa Fe, conduite par le Dr Damian Vezenassi de l’Université Nationale de Rosario, a relevé un taux de cancers deux à quatre fois plus élevé que la moyenne nationale, ainsi que des problèmes thyroïdiens, respiratoires et autres affections rarement observées autrefois. 
"Il pourrait y avoir un lien avec les produits agro-chimiques" pense Verzenassi, "ils [Monsanto] font de nombreuses analyses de toxicité de leurs ingrédients de base, mais n’ont jamais étudié la toxicité due à l’interaction des différents produits chimiques qu’ils utilisent".


 Santé : Monsanto en Argentine, un bilan accablant
 Photo ci-dessus : le 31 mars 2013, Camila Veron, 2 ans, née avec de multiples malformations et très malade, se tient devant la maison de sa famille à Avia Terai, dans la province de Chaco, en Argentine. (AP Photo/Natacha Pisarenko)


Les registres hospitaliers relèvent un quadruplement des affections congénitales dans le Chaco, passant de 19,1 / 10 000 à 85,3 / 10 000 dans les dix années suivant l’autorisation d’introduction des produits chimiques. 
Une équipe de médecins a alors suivi 2051 personnes dans six villes, et a découvert un nombre élevé de maladies quand ces personnes vivaient dans un environnement de agricole.
Dans le village rural de Avia Terai, 31% des personnes interrogées ont déclaré avoir un membre de leur famille atteint d’un cancer ; un nombre à comparer aux 3% atteints de la même maladie dans le village de ranchs classique de Charadai. 
Ils ont également relevé des cas de malformation du squelette, d’atteintes à la moelle épinière, de surdité, de cécité, de dégâts neurologiques et des atteintes dermatologiques atypique. 
Peut-être est-il impossible de prouver qu’un produit chimique est à l’origine d’une maladie précise. 
Mais les médecins appellent de leurs vœux la multiplication des études, et des études plus larges, à plus long terme et surtout indépendantes, affirmant que c’est maintenant au gouvernement de prouver que le cumul des charges agricoles ne rend pas les gens malades.

Sources :
http://fr.novopress.info/144357/sante-monsanto-en-argentine-un-bilan-accablant/
Source originale : www.concordmonitor.com

3 commentaires:

  1. Le contraste entre ces messages ou pseudo messages du cosmos et notre réalité terrestre atroce est stupéfiant !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pense comme toi, entre ce que les channels nous disent et ce qu'il se passe réellement sur terre il y a beaucoup de différence.

      Supprimer
  2. La vue de Camila me bouleverse ! pauvre petite enfant !!!

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont modérés : Merci de respecter le travail des ouvriers de la Lumière dont certains risquent leur vie pour le Changement du Monde ! Si vous pensez que cela ne bouge pas assez, allez les aider au lieu de les critiquer !