samedi 25 octobre 2014

Opposition au barrage de Sivens le 25 octobre !

Barrage de Sivens : enracinons la résistance les 25 & 26 octobre 2014 !

Un mort dans la nuit au Testet !

Témoignage sur le week-end au Testet —> Cliquez ici 




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Comme déjà annoncé de ci de là, la coordination des opposants au barrage de Sivens organise un grand rassemblement sur site le 25 & 26 octobre 2014. 
Il précèdera une semaine d’activités sur place destinées à renforcer l’occupation. 
Nous espérons une participation massive, de toute la France et d’ailleurs !

Grand rassemblement  samedi 25 octobre 2014 à midi contre le projet de barrage de Sivens, suivi d’une semaine de mobilisation.

Depuis une trentaine d’années, la vallée du Tescou dans le Tarn aiguise l’appétit des services d’aménagement du territoire chargés d’adapter la Nature aux exigences infinies de la croissance.
Ici, il ne s’agit pas d’implanter un aéroport ou une ligne TGV, mais un barrage principalement destiné à l’irrigation  du maïs. 

Ainsi, une poignée d’exploitants agricoles s’enfoncera  d’avantage dans l’impasse d’une maïsiculture polluante, gaspilleuse d’eau et massivement subventionnée. 
Comme dans tous les grands projets, l’objectif est aussi de produire artificiellement, grâce à l’argent public, de l’activité économique et ce qui va avec : profits privés et conflits d’intérêts.


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Face à ce projet de barrage au lieu-dit du Testet, dans la forêt de Sivens, un premier collectif regroupant des associations de défense de l’environnement se forme en 2011. 
Il dénonce la perte de biodiversité qu’entrainera ce projet de par  la destruction de la remarquable zone humide du Testet (plus de 100 espèces protégées), et dépose des recours en justice.
Sans attendre les jugements sur le fond, la préfecture autorise le début du chantier en octobre 2013. 

Des militants regroupés au sein d’un second collectif décident alors d’occuper le site. 
Ils retardent le début des travaux de près d’un an.  




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Malgré leur détermination, le chantier a finalement commencé le 1er septembre 2014 par le déboisement  d’une trentaine d’hectares, effectué sous haute protection militaire.  
Plutôt que de répondre aux demandes répétées d’expertises indépendantes et de  dialogue,  portées par les collectifs d’opposants, les décideurs  passent en force  ce qui donne  lieu à de nombreuses violences policières.

 


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Mais la lutte contre le barrage de Sivens continue ! 
La détermination et la mobilisation de chacun.e  sont plus que jamais nécessaires pour faire reculer ce projet.

 


carte zone de déboisement

Ils ont abattu la forêt, enracinons la résistance !

Nous sommes organisés hors parti et hors syndicat, venez avec vos proches et vos camarades et sans drapeaux !
 

Pour celles et ceux qui resteront la semaine suivante — et plus on l’espère — soyez le plus autonome possible : prévoir nourriture, tente, bonne humeur et bonnes idées...
Nous lançons un appel à matériel : chapiteaux, barnums, cabanes en kit, matériel et outils de construction… 

En amont de votre arrivée, dites-nous ce que vous pouvez nous prêter, partager,…
Bien sûr, vous pouvez venir dès aujourd’hui pour nous aider à empêcher les travaux et organiser ce grand rassemblement.

 


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Plus d’info :  http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/
Contact : testet25octobre@riseup.net


Tous à Sivens le 25 octobre à midi !
Au programme : constructions, plantations, ateliers, débats, concerts, etc…




Un mort dans la nuit au Testet

Camille Martin (Reporterre)
dimanche 26 octobre 2014


Un homme d’une trentaine d’années est décédé durant la nuit, lors d’affrontement avec la police sur le site du Testet.
Une personne est morte ce dimanche 26 octobre, vers 1 h du matin, lors d’affrontements avec la police.
Dimanche matin, la préfecture du Tarn a annoncé la nouvelle dans un communiqué : « Cette nuit, vers 2 heures du matin, le corps d’un homme a été découvert par les gendarmes sur le site de Sivens. Les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement mais n’ont pu que constater le décès de la victime », indique le texte.
Selon l’envoyé spécial de Reporterre, Grégoire Souchay, la manifestation s’était déroulée dans le calme durant l’après-midi de samedi. 
De premiers affrontements ont eu lieu vers dix-sept heures, entre des personnes cagoulées et la police. 
La veille, un local technique avait été incendié près du lieu des travaux, entraînant la présence de la police lors de la manifestation, alors qu’il était prévu qu’elle ne serait pas présente.
Les affrontements de l’après-midi ont pu être stoppés par l’interposition des clowns et des collectifs d’opposition au Testet. 
Mais dans la nuit, des affrontements ont repris. 
Lors d’une charge policière, une personne serait tombée. 
Les manifestants auraient tenté de le retirer, mais une deuxième charge policière est intervenue, et la police a pris la personne.
"Un témoin dit avoir vu quelqu’un s’effondrer lors d’affrontements et être enlevé par les forces de l’ordre", a indique Ben Lefetey, porte-parole du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet, lors d’une conférence de presse tenue dimanche matin.
Selon le lieutenant-colonel, commandant du groupement de gendarmerie du Tarn, cité par l’AFP, "100 à 150 anarchistes encagoulés et tout de noir vêtus ont jeté des engins incendiaires" et autres projectiles aux forces de l’ordre encadrant une mobilisation de "2.000" opposants qui, elle, est restée pacifique, selon lui. 
Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de flash-balls, a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, l’association 
Agir pour l’Environnement écrit :  
"Agir pour l’Environnement ne peut que constater qu’après plusieurs semaines de violences policières perpétrées sans discernement et parfois hors de tout cadre légal (papiers d’identité et effets personnels brulés, irrespect des espaces privatifs...), les forces de l’ordre ont une nouvelle fois fait usage de flash-balls, grenades assourdissantes et gaz lacrymogènes et ce alors même que la manifestation s’était déroulée dans une ambiance bonne-enfant. 
La présence de la gendarmerie en fin de journée apparaît une nouvelle fois pour ce qu’elle est : une véritable provocation qui aboutit à un drame."


Un crime du pouvoir socialiste

Hervé Kempf (Reporterre)
lundi 27 octobre 2014

Le décès de Rémi Fraisse au Testet est le résultat d’un crime : celui des responsables socialistes qui ont piétiné la loi et la démocratie pour ne laisser d’autre issue que la violence.


Le drame qui s’est déroulé près d’une rivière où, voici quelques semaines, s’épanouissait une forêt vivante, n’est pas un accident. 
C’est un crime.
Nous n’affirmons pas ici qu’une grenade ou un autre projectile lancé par les forces de "l’ordre" a touché mortellement le jeune Rémi Fraisse. 
Les témoignages que nous publions incitent à le penser, mais nous attendons le résultat de l’autopsie et d’autres témoignages indiscutables pour déterminer notre conviction.
Nous affirmons que la mort de ce jeune homme résulte de l’obstination criminelle de hauts responsables qui ont, contre l’évidence et en piétinant l’esprit de la loi, conduit à une situation où la seule issue était la violence, une violence savamment entretenue par une police à qui l’on a lâché la bride.

Rappelons divers faits, amplement documentés par Reporterre et par les collectifs de sauvegarde de la zone humide du Testet :
- l’enquête publique avait conclu à un avis favorable, SOUS RESERVE d’un avis positif du Conseil National de Protection de la Nature. Or, celui-ci a rendu un avis nettement défavorable ;
- les travaux de défrichement se sont déroulés sans autorisation préalable de défrichement ;
- les opérations obligatoires de diagnostic archéologique préalable ont été oubliées ;
- le conflit d’intérêt est manifeste, puisque la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne a établi l’étude concluant à la nécessité des travaux, alors que c’est elle qui doit les réaliser.


Par ailleurs, l’action de la police a été extrêmement violente depuis la fin août, outrepassant largement les nécessités de l’ordre public dans un État républicain. 
De nombreux témoignages attestent de cette violence souvent gratuite, à l’encontre d’opposants installés sur la Zad essentiellement non-violents
Plusieurs des opposants ont certes, à l’occasion, lors des affrontements de début septembre, lancé des projectiles et parfois des cocktails molotov contre les forces de police. Mais l’esprit dominant, aussi bien sur la Zad que parmi les collectifs, est à la non-violence, comme l’attestent reportages et témoignages
La répression provocante menés par gendarmes et CRS à l’encontre de manifestants ou d’occupants pacifiques ne pouvait que viser à susciter des réactions violentes - servant d’alibi à la répression - chez les opposants.

Et par ailleurs, on traitait par le mépris ceux qui, s’engageant pacifiquement, mais au péril de leur santé, ont fait plus de cinquante jours de la faim afin, simplement, d’obtenir... un débat.
L’obstination du président PS du Conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, à mener les travaux quoi qu’il puisse en coûter, avec l’appui du préfet et du premier ministre Manuel Valls, est bien criminelle : elle a conduit à la mort d’un homme.
On sait la tactique suivie par les promoteurs de ce projet inutile et imposé : aller le plus vite possible pour réaliser le barrage. 
Ensuite, la justice pourrait bien juger de son illégalité, le barrage serait là, inamovible.
Ce mépris de la loi, de la démocratie, du droit des citoyens, a conduit au trépas d’un jeune homme, et c’est un crime.
Ses auteurs - M. Carcenac, M. Valls qui l’a soutenu, tous ceux qui se sont tus parmi les responsables politiques en situation de peser - portent aussi une terrible responsabilité historique : en continuant à se comporter ainsi, ils alimentent le dégoût de nos concitoyens et concitoyennes pour les pouvoirs politiques, ils encouragent la montée de l’extrême-droite, ils préparent des lendemains dramatiques à ces journées de deuil.

On peut revenir en démocratie. 
Laisser la vérité émerger sur les circonstances du décès de M. Fraisse. 
Suspendre durablement les travaux, le temps de réfléchir, de dialoguer, et d’étudier. 
Reprendre le contrôle de la police, en la rappelant à sa noble mission, qui est de protéger la République, donc la démocratie.
Les responsables du crime se grandiraient en prenant ce chemin.


Source : Hervé Kempf pour Reporterre.
http://www.reporterre.net/spip.php?article6499

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