jeudi 9 juillet 2015

Début de la chute des bourses ?

Pourquoi Pékin ne parvient pas à enrayer le krach boursier en cours ?


Depuis la mi-juin, près de 3000 milliards de dollars de capitalisation se sont envolés. 
La tempête actuelle est un test de crédibilité pour le pouvoir en place qui redoute une cascade de faillite de petits porteurs s’étant lourdement endettés.
Pékin n’a pas réussi à enrayer la dégringolade des bourses de la seconde économie mondiale, qui menace désormais les marchés asiatiques. 
Mercredi la Bourse de Shanghaï a de nouveau chuté de 5,9% en dépit des mesures d’urgence décrétées par le pouvoir central depuis le weekend dernier pour enrayer une baisse de 30% des cours sur les trois dernières semaines. 
L’indice CSI300 des grandes valeurs cotées à Shenzhen et Shanghai a sombré de 6,75%, mercredi. 
 
Les indices chinois ont une nouvelle fois clôturé dans le rouge vif.
 
Depuis la mi-juin, près de 3000 milliards de dollars de capitalisation se sont envolés corrigeant plusieurs mois de hausse spectaculaire qui avait drainé une myriade de nouveaux investisseurs "débutants".
"Il y a un sentiment de panique", a reconnu Deng Ge porte-parole de la Commission de réglementation boursière, évoquant une tendance "irrationnelle" à la vente, sur weibo, le twitter chinois. 
Mercredi, la peur a gagné la place de Hongkong où l’indice Hang Sheng a clôturé en repli de 5,84% pendant que Tokyo tremble. 
"Cela va exploser !" affirme Madame Wang, retraitée de 63 ans, observant impuissante, l’effondrement de son portefeuille sur les écrans d’un centre boursier au cœur du vieux Shanghaï. 
Plus de 80% du marché boursier chinois est détenu par des petits porteurs comme elle, attisant l’anxiété du régime, obsédé par la "stabilité" politique.
La cotation de 500 nouvelles entreprises suspendue

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La batterie de mesures volontaristes déclenchées par Pékin n’a pas calmé les marchés. 
Les autorités ont suspendu les introductions en Bourse et mobilisé les sociétés de courtage pour racheter massivement des actions des grandes entreprises d’État comme par exemple Petrochina qui a grimpé de 29% en deux semaines. 
En vain ! 
Mercredi, la cotation des titres de 500 nouvelles entreprises a été suspendue, portant le nombre total à 1300. 
Les investisseurs continuent à se délester de leurs actions, achetées avec frénésie durant les premiers mois de l’année, souvent sur des conseils de "proches".

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L’enjeu est politique pour le pouvoir, dont les médias officiels ont encouragé ces derniers mois la population à profiter de l’envolée boursière, comme un dérivatif à l’atterrissage du marché immobilier et de la croissance du PIB basculant sous les 7%. 
La tempête actuelle est un test de crédibilité pour le Président Xi Jinping et son premier ministre Li Keqiang. 
Ils redoutent une cascade de faillite de petits porteurs qui se sont lourdement endettés pour profiter de l’aubaine boursière. 
"Ces emprunts se chiffrent en milliers de milliards de yuans", juge Huang Weiping, économiste à l’Université du Peuple, à Pékin. 
La gestion de la crise est également un examen de passage international important, en vue de l’ouverture progressive du secteur financier promise par le pouvoir.

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Néanmoins, les conséquences sur l’économie chinoise et mondiale sont encore limitées, et le pire n’est pas certain. 
"La spécificité chinoise est que la Bourse est beaucoup moins connectée à l’économie réelle qu’aux États-Unis ou en Europe. 
L’impact est pour l’heure minime", juge le professeur Huang. 
Cette crise risque cependant d’entamer un peu plus la confiance des investisseurs étrangers, échaudés par l’atterrissage du PIB chinois.

Source 
http://echelledejacob.blogspot.fr/2015/07/pourquoi-pekin-ne-parvient-pas-enrayer.html

1 commentaire:

  1. "Le pire n est pas certain"... J adore !
    Enfin, Li et Xi doivent quand même se sentir un peu mal...je n aimerais pas être à leur place, avoir à affronter 1 milliard de chinois en colère... Mais bon, le pire n est pas certain... seulement prévisible. Quoi que... vu que c est mondial apparemment, ça minimise peut-être un peu l impact... ou pas...

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