dimanche 9 avril 2017

Les Inrocks : Qui sont les militants d'Asselineau ?

Qui sont les militants de François Asselineau, le candidat du Frexit ?





Pour un “Frexit” et une sortie de l’OTAN, le candidat à la présidentielle de l’UPR s’est fait connaître sur Internet. 

Du marché de Pessac (Gironde) à une brasserie versaillaise, “Les Inrocks” ont rencontré les militants de François Asselineau.

Par Fanny Marlier


“Vous le connaissez ? C’est le prochain président de la République !”, interpelle un homme en montrant les deux grandes pancartes qu’il porte autour de son cou. 

L’une devant et l’autre derrière. 
Sur les affiches trônent le portrait de François Asselineau, le président de l’Union populaire républicaine (UPR), l’un des onze candidats à l’élection présidentielle. 
Antoine Da Costa, l’homme sandwich aux pancartes, est le délégué régional du parti en Aquitaine. 
Ils sont une dizaine d’hommes réunis ce dimanche matin sur la place du marché de Pessac, en Gironde, pour distribuer des tracts et informer les passants sur leur candidat. 
Très présent sur Internet, François Asselineau est le seul des onze à proposer la sortie immédiate des traités européens et de l’OTAN.
“Face à l’augmentation du chômage, les réponses que nous donnaient la classe politique n’étaient pas suffisantes”, explique ce gérant d’un cabinet d’expertise en bâtiment tout en finissant de coller des affiches “Asselineau 2017”. 

“Avant, je votais plutôt EE-LV ou PS”, confie cet enfant d’immigrés Portugais arrivés en France dans les années 1960. 
Après avoir voté “non” au référendum établissant une constitution pour l’Europe en 2005, Antoine s’est senti trahi lorsque deux ans plus tard, Nicolas Sarkozy faisait ratifier le traité de Lisbonne, quasiment identique, par voie législative. 
C’est après avoir vu l’une des conférences-vidéos de M. Asselineau, en 2012, qu’Antoine prend sa carte à l’UPR. 
“A l’époque on était à peine 900 adhérents, et François Asselineau a toujours eu la courage d’être complètement transparent sur ces chiffres”, souligne-t-il fièrement en rejoignant le stand du parti, installé à l’entrée du marché. 




Antoine Da Costa, le délégué régional UPR de l’Aquitaine (© Fanny Marlier)

 


“Je vous parie un café qu’on fera mieux que Mélenchon”
“Oh là, Les Inrocks ils ont fait un article pas très sympa sur nous il n’y a pas longtemps il me semble”, nous lance l’un des militants. “Mais non, tu confonds avec Barthès”, renchérit un autre avant que le délégué régional ne mette un terme au débat : “De toute façon ce n’est pas grave, on s’en fiche. 

On accueille tout le monde à l’UPR”
Preuve en est, parmi ces personnes mobilisées en faveur du candidat souverainiste, les bords politiques se mélangent. 
Nous rencontrerons des anciens sympathisants écologistes, PS, UMP, ou encore PCF. 
Mais tous ont un désir commun : sortir de l’Union européenne pour “restaurer la souveraineté de la France”. 
Et tous – sans exception – ont découvert François Asselineau via Internet.

“Nous avons été classés ‘divers’ aux élections européennes et régionales. Donc ça veut bien dire ce que ça veut dire”, insiste Antoine Da Costa. 

Le parti a aujourd’hui dépassé la barrière des 22.000 adhérents et s’appuie sur un réseau de membres sur-motivés qui passent beaucoup de temps à coller des affiches un peu partout. 
Une seule certitude pour le mois de mai : “l’UPR va faire un score qui va surprendre tout le monde”, affirme le militant qui consacre une vingtaine d’heures par semaine au parti.
“Trump, le Brexit, les primaires de la droite… les médias n’ont pas voulu regarder ce qu’il se passe sur Internet. Si l’on avait eu la médiatisation que l’on mérite, on serait bien plus de 30.000 adhérents à l’heure qu’il est”.
Pour lui, la société française “vit dans un mensonge”

“Et les médias nous en veulent parce qu’on veut révolutionner les choses”, indique-t-il très sérieusement avant de repartir interpeller les gens venus faire leurs courses.  
“Je vous parie un café qu’on fera mieux que Mélenchon”, ne cesse-t-il de clamer, ne perdant jamais sa bonne humeur, même face aux récalcitrants. 
Certains passants s’arrêtent pour discuter et se renseigner (“Mais pourquoi vous l’aimez autant ce monsieur ?”, d’autres simplement pour plaisanter (“Ah oui il est beau en effet !”).
“A l’UPR, au moins, on est pragmatique”
“Y a du boulot, on a été recouvert ce matin”, accourt Yves avec sa casquette blanche floquée “UPR” enfoncée sur la tête. 

Lui, c’est grâce à son fils qu’il a découvert le parti.
“Un jour, il a proposé à ma femme et moi de venir assister à un débat. Nous avons creusé un peu ensuite, et écouté les conférences en ligne de François Asselineau. C’est comme si tout à coup, nous avions retrouvé l’espoir”, confie-t-il.
 


Alors que des abats d’eau tombent sur le marché, Antoine, court en catimini – ses pancartes toujours autour de lui – monter une tente pour protéger le stand. 
“Regardez-les les petits poulets tout trempés, s’exclame-t-il en pointant du doigt un groupe de militants de François Fillon. Si vous n’êtes pas capables de gérer un parti comment voulez-vous gérer un pays !? 
A l’UPR, au moins, on est pragmatique.”
Sous la tente, Julien, 25 ans, est en train de lire un article du quotidien Sud Ouest sur les électeurs indécis. 

“C’est bon pour nous ça”, lance-t-il fièrement dans un accent caractéristique de la région. 
Ce numismate raconte avoir été “intrigué” par une vidéo de M. Asselineau consacrée au retour au franc. 
“Je me suis aperçu que l’UPR, l’essentiel de ses idées sont aussi les miennes.” 
A côté de lui on trouve Michel, la quarantaine et les cheveux mi-longs, actuellement sans emploi. 
Il votait écolo il y a encore quelques années, et était européiste “à fond”. 
Lorsqu’on lui demande comment il a connu l’UPR, il répond du tac au tac : “Les conférences d’Asselineau, comme tout le monde !”
Auparavant, il “ne faisait que répéter ce que les médias disaient”. 
Et selon le militant, c’est internet qui a permis de “contourner le désintérêt des médias envers François Asselineau”. 
Il détaille :
“Ce sont les intérêts privés des médias qui influent sur le choix des candidats qu’ils vont médiatiser. Et ils ne peuvent pas soutenir le Frexit”.
Quelles preuves possèdent-il pour affirmer cela ? 

“Tout ce que je dis c’est expliqué dans Les nouveaux chiens de garde (l’essai de Serge Halimi paru en 1997, ndlr). Je ne crois pas à un complot mais à une collusion d’intérêts”, explique-t-il tandis que le marché commence petit à petit à disparaître.
“L’Europe est une dictature”

Direction la banlieue parisienne !


Lundi 3 avril, comme tous les mois, une vingtaine de militants des Yvelines se retrouvent à la Brasserie des Halles, à Versailles. 
L’occasion d’échanger sur l’actualité ou faire connaître le parti. 
“Mais enfin, c’était il y a six mois qu’il fallait venir”, nous accueille Jean, vêtu d’une chemise rose et de bretelles noires. 
C’est l’un des tout premiers adhérents de l’UPR. 
Il s’amuse à nous imiter François Asselineau en détaillant leur rencontre. 
Il y a déjà dix ans. 
“Il y avait du soda, mais pas du Coca-Cola bien sûr, ce symbole américain par excellence…”, grince-t-il.
A côté, on trouve Eric, 43 ans, qui milite depuis un peu moins d’un an. 

Avant de rejoindre l’UPR, cet ingénieur a voté “pour tous les bords politiques”, et “même en faveur de la constitution européenne en 2005”
“Je me suis planté en beauté !”.
“Ça fait deux élections que je ne vote plus. 

J’avais l’impression qu’on était dans une voie sans issue. 
Et puis, face à la montée du Front national, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. 
Il fallait repartir à zéro. 
Et j’ai découvert M. Asselineau sur Internet. 
J’ai trouvé son discours rassembleur. 
Sortir de l’euro c’est assez révolutionnaire, mais par d’autres côtés, c’est très conservateur. 
On veut retourner vers un modèle qui fonctionnait avant”, explique-t-il tout en agitant les mains. 




Jean, l’un des plus ancien militant UPR (© Vincent Gerbet)


Sa phrase à peine terminée, Eric se tourne vers l’homme qui vient de franchir le pas de la porte. 
Une tête ronde, le crâne dégarni, et les épaules larges, Vincent Brousseau nous rejoint. 
Il est LA référence du parti pour les questions économiques. 
Employé pendant plus de quinze ans à la Banque centrale européenne (BCE), il a notamment travaillé dans le département de la politique monétaire. 
Cela fait sept ans déjà qu’il a rejoint François Asselineau. 
“En période de crise, il est absurde de rester dans quelque chose qui nous freine et amoindrie notre souveraineté nationale”, assure-t-il à propos des traités européens. 
“L’Europe est une dictature”, clame très sérieusement Eric. 
“Le risque physique n’est pas élevé mais il faut reconnaître que l’on peut être ostracisé”, renchérit, sûr de lui, Vincent Brousseau. 
S’ensuit un débat sur les médias. 
“Ils ont reçu des instructions très claires pour ne pas nous parler”, assure l’ancien économiste de la BCE qui explique de manière un peu floue : “Les journalistes nous contactent mais l’article n’est en suite jamais publié.” 




Vincent Brousseau, en charge des questions économiques à l’UPR, et Eric, militant depuis près d’un an (© Vincent Gerbet)


“Et ce n’est pas complotiste de dire ça !”
A table, on retrouve Nathalie, institutrice qui est venue avec son mari et l’une de leur fille, âgée de 17 ans. 

“On est cinq dans la famille et cinq adhérents UPR”, lance-t-elle avec fierté. Votant auparavant à gauche, elle raconte :
“Je ne comprenais pas pourquoi toutes les entreprises délocalisaient à l’étranger. Et François Asselineau donnait des explications très claires. L’Union européenne n’est pas une fraternité. Elle met les pays en concurrence les uns contre les autres.” 





Une vingtaine de militants UPR étaient réunis lundi 3 avril, à Versailles (Yvelines), pour un café-citoyen (© Vincent Gerbet)


Assis à sa gauche, quelqu’un nous interpelle : “Les journalistes ne devraient pas faire d’entrave à un mouvement de paix”. 

La cinquantaine, Daniel est cadre dans en informatique. 
Et pour lui, l’UPR c’est avant tout un parti “qui apporte la paix”. 
Auparavant, il votait écolo. 
“Car je n’étais pas au courant que la construction européenne était voulue par les États-Unis”, précise-t-il avant d’ajouter sans détailler pour autant : “Et ce n’est pas complotiste de dire ça !”. 
“Il y a un fort courant médiatique qui fait qu’on bloque les idées d’Asselineau”, clame-t-il. 
“Pour quelles raisons ?”, demande-t-on. 
“Vous le savez très bien !, nous rétorque-t-il. 
Les médias sont aux mains de grands groupes financiers.” Avant de conclure :
“L’UPR, c’est la paix dans le monde. Prenez votre carte vous vous sentirez beaucoup mieux, vous verrez !”. 





Daniel, cadre en informatique, un militant convaincu (© Vincent Gerbet)


Pendant ce temps, quelques uns sont sortis dehors prendre l’air ou bien fumer une cigarette. 

“Avec l’Europe, la destination est fixée d’avance par l’Union européenne et l’élection présidentielle change juste le pilote”, assène Daniel, un jeune-retraité. 
“Je vous parie que l’on fera 70% au premier tour !”, conclut un autre militant en regagnant sa table. 




Daniel, jeune-retraité, et pour le Frexit (© Vincent Gerbet)

Source :  http://www.lesinrocks.com/2017/04/09/actualite/qui-sont-les-militants-de-francois-asselineau-11930794/

1 commentaire:

  1. Pour mieux comprendre cette Europe
    (et enfoncer un peu plus le clou)
    mais à voir (et faire voir)avant d'aller voter :
    https://www.youtube.com/watch?v=L_RVj0BX5OY

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