vendredi 29 septembre 2017

Dr Martine Gardénal : Quand cerveau et intestins sont connectés !

Intestins et cerveau : deux cousins inséparables !


 

Hier encore, on considérait le cerveau comme le commandant en chef de nos émissions. 
Jusqu’à ce que de récentes découvertes révèlent que nos intestins hébergent une grande quantité de neurones, tous en lien direct avec lui. 
Et que la qualité de notre flore intestinale (le microbiote) influe grandement non seulement sur nos humeurs mais aussi sur notre état de santé général. 
Intestins et cerveau : deux cousins inséparables ! 




Véritable ordinateur central du système nerveux, le cerveau comprend :
– L’encéphale. Partie haute du système nerveux central enfermé dans la boîte crânienne, il pèse environ 1,3 kg, baigne dans le liquide céphalorachidien. Il est enveloppé par les méninges.
– Le cervelet. A la base des deux hémisphères, c’est un petit cerveau archaïque, responsable de l’équilibre. Il est donc l’un des responsables des mouvements, de la posture et de l’équilibre spatiotemporel.
– Le bulbe rachidien. Partie haute de la moelle épinière dans la boîte crânienne, il participe au contrôle des fonctions automatiques : respiration, tension, rythme cardiaque, digestion…
– La protubérance annulaire. Entre les hémisphères, le cervelet et la moelle épinière, elle participe au contrôle des fonctions automatiques, de la conscience et du sommeil.
– La moelle épinière. Long cordon blanchâtre qui descend jusqu’aux dernières vertèbres sacrées, elle transmet les informations du cerveau au reste du corps.
 


A quoi servent les lobes du cerveau ?


• Lobe frontal : pensée, émotions, raisonnement, langage, coordination motrice volontaire.
• Lobe occipital : intégration des messages, détection et interprétation des images, conscience du corps et de l’espace environnant.
• Lobe temporal : reconnaissance et interprétation des sons, mémoire, émotions.
• Lobe pariétal : siège de la sensibilité (douleur, température, ressenti cutané…).
 

A l’intérieur du cerveau, on trouve entre autres l’hypophyse, l’épiphyse, le thalamus et l’hypothalamus :
– L’hypophyse, ou glande pituitaire, est une glande endocrine qui secrète de nombreuses hormones. Elle est considérée comme le « chef d’orchestre » des autres glandes de l’organisme.
– L’épiphyse, ou glande pinéale, est une petite glande endocrine qui intervient dans la régulation des rythmes biologiques veille/ sommeil, liés aux saisons, à la lune (hibernation, chaleurs, menstruations…), aux caractères sexuels secondaires. Pour la stimuler et distribuer de la mélatonine à l’ensemble du corps, les Égyptiens prenaient des bains de soleil le matin, assis, bouche ouverte, car cette glande est située derrière le voile du palais.
– Le thalamus (un droit et un gauche) est un relais de transfert et de filtrage sensoriel (ouïe, vue, toucher) et moteur, de régulation de la conscience, de la vigilance et du sommeil.
– L’hypothalamus, lié à l’hypophyse par la tige pituitaire, en contrôle les sécrétions hormonales et joue un rôle essentiel pour réguler émotions, faim, soif, sommeil, température corporelle mais aussi le comportement sexuel.
– L’hippocampe joue un rôle essentiel dans la navigation spatiale, le classement et le stockage des souvenirs, de l’information, et la mémoire à long terme. C’est une des premières structures atteintes dans la maladie d’Alzheimer. C’est l’un des seuls à fabriquer durant toute la vie adulte de nouveaux neurones.








Les principales hormones !


Le cerveau est le siège de très nombreuses réactions sous l’influence de nos actes, de notre environnement (nourriture, activités physiques, pollution, intoxication…), ce dernier impactant en retour nos émotions, comportements, capacités cognitives et même nos pensées, notre personnalité et notre santé ! Mais les hormones, substances sécrétées par les glandes (dont celles du cerveau) et transportées par voie sanguine à distance, influencent, elles aussi, considérablement notre vie, et ce en lien avec les actes, l’environnement, les pensées, les émotions… 
Tout joue sur tout.

– L’acétylcholine influence la mémoire à long terme, la motivation, l’attention, l’agressivité.
– La sérotonine peu présente chez les dépressifs, très abondante chez les dirigeants. Pensées négatives, stress font baisser le taux de sérotonine. Au contraire, relations sociales, pensées positives, relaxation, sport, alimentation saine augmentent son niveau.
– La dopamine, une des « hormones du bonheur», incite à rester positifs, aide la réflexion, la mémoire à court terme, donne envie d’expérimenter. Les adolescents (de 11 à 19 ans), qui sécrètent presque tous plus de dopamine, sont donc plus exposés à la prise de risques. Le manque de dopamine favorise, quant à lui, tristesse et rigidité.
– L’adrénaline, ou épinéphrine, liée au stress, au risque, à l’excitation, fournit au corps assez d’énergie pour affronter une situation vécue comme urgente. Compassion, plaisir, harmonie, méditation font baisser l’adrénaline.
– Le cortisol, libéré lors du stress pour tenir le coup et faire face, est à son maximum au petit matin et à son minimum dans la nuit et en début d’après-midi (d’où le besoin de sieste). A petite dose, il est favorable à la mémoire.
– L’ocytocine, hormone du plaisir, hormone de l’amour, est plus abondante chez les femmes. Elle donne confiance, attachement, tendresse, amour.
– Les endorphines sont sécrétées en période de stress physique ou psychologique, d’activité sportive de plus de 30 minutes, d’excitation, de douleur. Elles sont antalgiques, anxiolytiques, anti-fatigue. Les stimulations tactiles de la peau (massages par exemple) activent la production d’endorphines et d’ocytocine : d’où l’importance de toucher l’autre.
– Le GABA (acide gamma-aminobutyrique), synthétisé à partir du glutamate (lié à la vitamine B6), serait impliqué dans au moins 30 % des synapses du cerveau. Chez l’adulte, il empêche l’excitation prolongée des neurones et favorise la croissance de certains autres.
– La mélatonine, "hormone du sommeil", liée à l’intensité de la lumière naturelle, est synthétisée dans la glande pinéale. Les aliments riches en tryptophane, comme les noix et les noisettes, la volaille (bio) et le poisson (sauvage), amélioreraient la synthèse de mélatonine.
On l’a vu, les hormones jouent un rôle important pour toutes nos fonctions ; à cet égard, nous devons apporter à notre organisme tout ce dont il a besoin pour leur production optimale.

Les neurones !

Le cerveau est composé de 100 milliards de cellules nerveuses : les neurones, qui communiquent tous entre eux par de longues fibres, appelées axones, enveloppées d’une gaine protectrice de myéline. 
La zone de contact entre deux neurones s’appelle la synapse. 
Les cellules gliales enveloppent les neurones et leur permettent d’assurer leurs fonctions. 
Acétylcholine, aspartate et glutamate, mais aussi adrénaline, noradrénaline, dopamine, sérotonine et bien d’autres substances assurent la transmission des influx nerveux au neurone voisin, puis à des cellules cibles spécifiques situées dans des régions plus ou moins distantes du cerveau dans tout l’organisme. 
Antalgiques, anxiolytiques, anti-fatigue, euphorisantes, les endorphines sont sécrétées notamment lors d’activités sportives de plus de 30 minutes. 
Avis aux personnes déprimées !






La bonne "nourriture" du cerveau !


Le principal nutriment utilisé par le cerveau est le glucose, mais aussi, comme il est très vascularisé, l’oxygène. Mais cela ne suffit pas. Il lui faut aussi :
– Des oméga-3 (acides gras essentiels). On les trouve dans les huiles et graines de lin, de chanvre, de chia, de courge, de bourrache, d’onagre, de pépin de cassis, dans la spiruline, mais aussi dans les huiles de poissons sauvages, l’huile de krill…
– Des antioxydants. Boucliers naturels
contre les radicaux libres, ils sont présents dans tous les fruits et légumes, mais surtout de saison, bio et de production locale.
– Du fer, qui se fixe sur l’hémoglobine pour apporter l’oxygène à toutes nos cellules. Certains nutriments favorisent son assimilation : les vitamines B9 et C, que l’on trouvera notamment dans les herbes aromatiques fraîches.
– Des glucides. Le cerveau a besoin pour lui seul d’environ 120 grammes de glucides (sucre) par jour. Comme il ne fait pas de réserves, il faut lui en fournir tous les jours avec des vitamines B6, B9, B12 et B1, qui aident à la transformation
du glucose en énergie. Ces vitamines sont disponibles dans tous les produits frais, surtout s’ils sont bio.
Mais aussi…
– De l’eau. Constituant principal du poids total du corps humain (65 %), il faut donc en apporter au moins 1,5 litre par jour pour que tout fonctionne bien.
– Du sport. Mais aussi la gymnastique, le taï-chi, le yoga… sont un bon moyen d’entretenir le cerveau. L’activité physique augmente par exemple la sécrétion naturelle de dopamine.
– La relaxation, la méditation, l’hypnose, l’Ho’oponopono, la pensée positive, la respiration consciente… agissent sur le fonctionnement et la structure du cerveau. Les neurosciences ont d’ailleurs commencé à le confirmer à travers des études. 







Lien cerveau-intestins !


C’est au niveau de l’intestin grêle que tout se passe, avec la muqueuse intestinale, le système immunitaire et le microbiote. Impossible de les dissocier. 
Le microbiote intestinal est composé de 100.000 milliards de bactéries, virus, levures, champignons… plus de 1.000 espèces différentes, qui, à l’état normal, assurent le fonctionnement normal des intestins et à distance le silence des organes et la santé de l’organisme tout entier. 
Sans lui, c’est la mort assurée. 
Le microbiote est donc presque un organe à lui tout seul. 
Cela constitue un capital ADN bactérien 100 fois plus important que l’ADN cellulaire d’un organisme adulte. L’homme est donc beaucoup plus bactérien qu’humain : un vrai zoo ambulant ! 
Voilà une vraie réflexion et une nouvelle approche de la santé et de la maladie…

Le système nerveux des intestins assure la digestion et l’entretien du côlon, son activité motrice, la sécrétion d’au moins 20 substances identiques à celles produites par le cerveau, et la vascularisation du système digestif. 

Il se compose de plus de 200 millions de neurones, sécrète et produit de 70 à 85 % des cellules immunitaires de l’organisme. 
Structurellement et fonctionnellement, le système nerveux intestinal et celui du cerveau se ressemblent. 
Ils utilisent les mêmes types de neurones sensoriels et moteurs, les mêmes circuits de traitement de l’information ainsi que les mêmes substances. 
Mais c’est la sérotonine qui serait la principale hormone de ce système. 
Alors, les médicaments définis pour agir sur les synapses du cerveau sont-ils susceptibles d’avoir aussi des effets au niveau de l’intestin ? 
Ce qui apporte une explication fonctionnelle et non psychosomatique au lien entre humeur et digestion. 
A suivre…

 


La bonne nourriture des intestins ! 

Les aliments que nous ingérons ont un impact direct sur notre tube digestif et notamment sur nos intestins, qui assurent la transformation et l’extraction des nutriments. 
Notre qualité de vie et même notre survie en dépendent. 
Aussi, l’état des intestins est très important et la qualité des aliments, fondamentale. 
Les produits bio, frais, locaux et de saison sont des élixirs de bonne vie, et notamment les aliments riches en fibres : légumineuses (haricots, haricots verts, pousses de soja, pois et pois chiches), céréales complètes, fruits et légumes sont tous des aliments sains pour nos intestins et notre santé, tout simplement. 
Certains légumes (poireaux, ail, oignons, artichauts…) exercent un effet probiotique sur les intestins dans la mesure où ils contribuent à la formation des bactéries intestinales bénéfiques pour la santé. 
A l’origine des probiotiques, des fibres végétales, précieuses : les prébiotiques. Ils peuvent se retrouver naturellement dans certains fruits et légumes, et le miel. 
Quelques aliments prébiotiques : la banane, l’artichaut, l’ail, les asperges, l’oignon, le poireau, le salsifis, les salades (frisée, scarole rouge et blanche, chicorée), etc.
Du cerveau au second cerveau La relation cerveau-intestins est de plus en plus établie scientifiquement. 

Qui n’a pas ressenti la boule au ventre en cas de colère ou de joie intense ? 
Car ce sont les mêmes molécules qui agissent au niveau du cerveau et des intestins. 
On a même mis en évidence la relation entre le stress et le changement du microbiote intestinal (bactéries de l’intestin). Santé mentale et santé intestinale sont donc indissociables ! 


 



Dr Martine Gardénal. Médecin homéopathe, médecin du sport, ex-attachée de consultation à l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) et médecin olympique, présidente de la Société des médecins homéopathes spécialistes, conférencière, elle enseigne l’homéopathie dans son école SEV (Santé Environnement Vie) et organise des colloques (voir encadré). Auteure de ABC de l’homéopathie et Homéopathie du sportif (éd. Grancher).



Par werdna01
Biocontact

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires sont modérés : Merci de respecter le travail des ouvriers de la Lumière dont certains risquent leur vie pour le Changement du Monde ! Si vous pensez que cela ne bouge pas assez, allez les aider au lieu de les critiquer !