lundi 22 avril 2019

Reconstruire Notre Dame en 20 ou 30 ans ?


Réparer Notre Dame ? Mais pas n'importe comment !



La baguette magique de Jupiter !
"Cinq ans" a-t-il dit, comme ça, parce que ça lui est passé par la tête. 

"Cinq ans pour reconstruire Notre-Dame !"
On reconstruit ce qui est détruit, à Notre-Dame, on va réparer. 
Mais pas à la va-vite, ou alors demandons à Koon le bien nommé une baudruche gonflable, voilà qui serait progressiste !
Anne Lauwaert a listé tous les points à évaluer avant d’agir : la liste est longue. 

Pour les spécialistes, dix années seront le minimum indispensable pour faire du travail sérieux, plus probablement quinze ou vingt, mais évidemment, on peut aussi tout bâcler en cinq ans.

Et puis que faire pour la flèche ? 

Les touristes à Versailles y vont pour voir le palais tel que construit par Louis XIV, pas une HLM ou les kooneries qu’on leur impose. 
Les Chinois et les Japonais, comme les Américains, qui viennent à Notre-Dame, y viennent pour la Notre-Dame gothique. 
Tout ce qui est béton, verre, plastique, métal, ils l’ont chez eux et souvent en mieux que ce qui est fait en France.
Il y a de l’art dit "moderne" très beau, mais il n’est beau qu’à sa place, il n’est pas là pour défigurer l’art ancien comme aiment le faire les vandales que sont les Koon et les Buren en mal de pub.
Les baudruches à Versailles, le vagin de la Reine en tôle au Petit Trianon, le plug anal vert comme une diarrhée place Vendôme, pourquoi pas un suppositoire géant dans la cour de l’Élysée ? 

Mais en aucun cas à Notre-Dame. 
Ne faudrait-il pas un RIP ou un RIC pour en décider ? L’Imprécateur



Par Anne Lauwaer

1 – Étude préalable approfondie : 
Comment mesurer "le stress" subi par tout le bâtiment ?
Dans quel état est le sous sol ?
Le feu a consumé des parties qui maintenant sont manquantes.
La chaleur a fait éclater les pierres et les liens (ciments) entre les pierres.
Quels “ciments” utilisait-on à l’époque?
La chaleur a fait dilater et fondre des matériaux surtout les métaux.
Tout cela a provoqué des espaces entre les différents éléments et donc de l’instabilité.
L’eau des pompiers est tombée avec force sur cet ensemble fragile.
L’eau s’infiltre dans les interstices et chasse les restes de “ciments”
Les éléments en bois absorbent l’eau, se déforment et perdent leur force ou en se gonflant exercent de nouvelles pressions tout autour.
L’eau cause des dégâts aux statues, peintures, toiles, papiers, parquets, tissus, ainsi qu’aux circuits et installations électriques.
L’eau de pluie continue les ravages insidieusement, pire s’il s’agit de grosses pluie et, puisque nous avons aussi des tornades, avec des vents violents.
Il faut donc construire un échafaudage pour couvrir tout l’édifice d’une toiture sous laquelle on puisse travailler. 

Ce sera déjà un tour de force et cela va prendre du temps pendant lequel la dégradation risque de se poursuivre.
L’hiver prochain, avec les intempéries, l’humidité qui se trouve dans les interstices va geler, se dilater et déchausser des pierres qui deviendront instables.
 


2 – Évaluer, calculer, consolider…
Ne pas négliger le vent mais pas non plus toutes les vibrations causées par les voitures, métros, trains, avions, secousses telluriques.
Bref il faut consolider les pans instables.
La clé de voûte tient la voûte. 

Si la clé est tombée, la voûte perd sa stabilité mais les pressions que les voûtes exercent sur les structures sur lesquelles elles s’appuient changent aussi.
Les arcs boutants boutent contre des forces contraires. 

Si ces forces contraires sont modifiées ou même supprimées, comment réagissent les arcs boutants ?

Il y a aussi la question des matériaux à employer.
Les chênes de la forêt primaire qui constituaient la charpente, il n’y en a plus. 

La foret primaire c’est celle qui avait grandi depuis l’apparition de chênes sur la terre.
D’autres chênes ? 

A supposer qu’on trouve la quantité et la qualité du bois (comme pense pouvoir le faire l’Association des forestiers de France, n.d.l.r), combien d’années seront nécessaires pour choisir, couper, sécher, traiter, passer de l’arbre à la poutre ? Quel matériau pour fixer les poutres ? 
Des chevilles en bois ? 
Des matériaux modernes ?
Quelle est la longévité de ces matériaux modernes ?
Le bois est une matière vivante et élastique qui vit avec les variations de température, humidité, pression atmosphérique, etc.

Le Pont du Gard construit au premier siècle de notre ère est encore debout tandis que le Pont Morandi de Gènes, inauguré en 1967, ne l’est plus.
Après 50 ans, nos ponts d’autoroutes sont en mauvais état parce que le ciment est rongé par l’acidité des pluies et des échappements des véhicules et les armatures en métal rouillent.
Il faudra aussi remplacer des pierres, réactiver des carrières ? 

On ne va tout de même pas faire venir du granit de Chine ? 
A ce point plus rien ne nous étonnera. 

3 – Un "geste contemporain" dévalorisera forcément le site !
Il faudra reconstruire à l’identique.
Si la Grand Place de Bruxelles est une des plus belles du monde c’est parce qu’elle a toujours été reconstruite à l’identique après les incendies, les guerres, bombardements et autres catastrophes.

Tournai est une ville magnifique avec une église romane à chaque coin de rue. 

Pendant la dernière guerre, la ville a été fort endommagée. 
L’église Saint Brice a été restaurée et l’église Saint Quentin, qui était réduite à un tas de pierres, a été complètement rebâtie "à l’identique" mais en employant des techniques modernes comme du béton dans les parties cachées. 
Ce béton va-t-il “tenir” ?

Le splendide Pont des Trous du XIII° sur l’Escaut avait déjà été rehaussé car les péniches devenues trop grandes ne passaient plus. 

Rebelote : il va être déconstruit et reconstruit “dans un style proche à l’identique” pour laisser passer des péniches de 2000 tonnes… 
Une pétition est en cours contre sa destruction. 


"Les flèches des cathédrales" sur l'A10. Imaginez-la sur le toit de Notre-Dame !


Faut-il reconstruire la flèche ?
Un concours mondial est annoncé ? 

On imagine les élucubrations d’art contemporain. 
Le plug anal, le vagin de la reine et le style minaret ont déjà été évoqués.
 

4 – C’est aux Français de trancher, puisque ce sont eux qui paient avec leurs dons
C’est une des questions sur lesquelles les Français doivent voter avant de commencer les travaux.

Qui va faire ces travaux ? 

Évidemment il y a encore des ouvriers qui sont à la hauteur de telles entreprises, mais … déconstruire et reconstruire des murs en pierres ce n’est pas couler une dalle de béton. 
Ça prend du temps et nécessite de la maîtrise !

Monsieur Macron va inviter des milliers de jeunes à devenir tailleurs de pierres. 

Sauf que… on ne devient pas tailleur de pierres comme on devient député, du jour au lendemain. Tailleur de pierres c’est un métier qui nécessite des années d’apprentissage avant d’obtenir son premier “diplôme”, mais “le métier” ne s’acquiert qu’avec l’expérience et ça … c’est une question d’années, de décennies…
Les tailleurs de pierres capables de réaliser des chapiteaux et des sculptures ce sont des artistes: des sculpteurs… non seulement il faut être du métier de la pierre mais en plus il faut être artiste…
Tailleur de pierres ce n’est pas non plus twitteur sur les bancs de l’assemblée. 

C’est un métier lourd et dangereux que l’on exerce, même en pleine canicule avec un casque sur la tête, des protections sur les oreilles car le bruit des chantiers rend sourd, des gants car la pierre râpe la peau et provoque des allergies et d’autres maladies professionnelles. 
Les micro-traumatismes des gradines, ciseaux, marteaux, masses, et autres disqueuses causent des ostéonécroses, Dupuytren & Co… des lunettes pour protéger les yeux contre les éclats, un masque contre la poussière qui cause la silicose dans les poumons… des vêtements professionnels et des souliers à bouts métalliques contre toute sorte d’accidents. 
Ça n’est pas rigolo ! 
C’est un métier dur pour le dos et tout le corps.

Mais c’est pas tout : il faut des charpentiers, couvreurs, spécialistes des verrières, l’orgue, menuisiers, restaurateurs en tous genre… 

Ne fut-ce que pour le dallage du pavement sur lequel sont tombées les poutres brûlantes, l’eau, les pierres.
Laissez tomber un marteau sur une dalle en granit ou en marbre, vous risquez de faire sauter un éclat. 

Imaginez l’état de ce sol après la chute de tout ce fatras …
Avant de commencer, il va falloir réunir une commission d’experts, établir l’état des lieux quand on pourra y accéder, décider des travaux, lancer des appels d’offres, laisser le temps aux entreprises pour étudier les cahiers des charges, traiter avec les assurances. 

Sans oublier tous les accords à obtenir avec les beaux-arts, le patrimoine, la culture, les finances, l’environnement, les pourparlers, négociations et autres marchandages. 
Les cheveux coupés en 4 car le moindre défaut, la moindre négligence peut entraîner des suites inimaginables.

Et on n’a pas encore demandé l’avis des Français, ni de l’Église, ni du Vatican.
Va-t-on dédommager les riverains qui vont subir ce chantier pendant les 20 prochaines années ?
Le Qatar va-t-il proposer un don ? 

Peut-on accepter un don venant du Qatar ?
Poutine va-t-il offrir quelques chênes ? 

Oserait-on les refuser ?

Combien de temps va prendre la reconstruction de Notre Dame ? 

L’architecte Mario Botta (celui de la cathédrale d’Evry que News Week avait qualifiée de “cheesy church”) répondait dans une interview : 20 ou 30 ans !

Quand Macron nous annonce qu’il va régler la question en 5 ans ce n’est pas sérieux !

Par Anne Lauwaert le 22 avril 2019
Source : https://www.minurne.org/billets/20558

 

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