dimanche 24 mai 2020

Covid et trouble de stress post-traumatique !

Covid et trouble de stress post-traumatique : le personnel soignant aussi est fortement touché !



 

Filibert : "Nous sommes en Guerre" qu'il disait ! 
Et dans une guerre il y a des morts, des blessés et d'autres qui ont l'air bien portant physiquement ! 
Mais dans les survivants il y a beaucoup de traumas qui perturbent leur vitalité et joie de vie ! 
Ainsi, après la guerre du Viet-Nam, nombreux sont ceux qui ont été suivi par des psy pendant des décennies sans s'en remettre ! 
Une méthode semble avoir réussi, elle s'appelle la Réduction des Incidents Traumatiques (RIT en Français ou TIR en anglais) qui permet en quelques séances de plusieurs heures (afin que toutes les émotions puissent sortir en une seule séance pour ne pas avoir à les reprendre à chaque fois lors d'autres séances trop brèves !) de faire sortir toutes les émotions bloquées d'un événement traumatique ! 
Certains Vétérans, qui avaient fait 10 ou 20 ans de psy, ont dit qu'avec le RIT : "c'est la première fois qu'on m'écoute !"
Il existe sans doute d'autres méthodes efficaces ! 
Mais le Gouverne-Ment devrait penser à s'occuper de ses blessés de guerre !

En France, une enquête menée par l’Intersyndicale nationale des internes (ISNI) auprès de ses membres démontre, le 22 mai, que ceux-ci souffrent d’ores et déjà, de façon moyenne à sévère, d’anxiété (72 %), de troubles de l’humeur (37 %) et de trouble de stress post-traumatique (TSPT) (29,8 %). 

Rappelons que les internes en médecine sont les futurs médecins qui représentent environ 44 % des médecins hospitaliers.
Ces chiffres sont impressionnants mais nullement étonnants au vu de ce que le personnel a dû vivre : la nécessité de faire des choix dans les personnes à traiter, la haute fréquence des décès chez les personnes hospitalisées, les manques divers et variés dans l’hôpital, les horaires… 

Mais n’oublions pas, aussi, qu’il a fait face au confinement comme tout autre membre de la société. 
Le traumatisme est évident, comme nous en avons déjà parlé dans l’un de nos derniers articles.

Nous pouvons d’ores et déjà extrapoler que ces taux vont être sensiblement les mêmes pour tout le personnel soignant à la suite de la crise à laquelle il a été confronté ces derniers mois.
Le TSPT a longtemps été assimilé à un trouble anxieux et traité comme tel à l’aide d’anxiolytiques, antidépresseurs et la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), sans grand succès. 

De plus, le TSPT ne touchait, croyait-on, que les soldats revenant du front et quelques catégories dites à risque (policiers, pompiers, conducteurs de train).
Ce n’est qu’en 2013 que le TSPT est devenu une entité à part entière regroupant quatre grandes catégories de symptômes dans lesquelles nous retrouvons l’anxiété et les troubles de l’humeur, ce qui revient à dire que si nous regroupons ces deux catégories de symptômes, le taux de personne souffrant de TSPT est bien plus élevé que celui donné dans cette étude et avoisinerait les 35 à 40 %…






Soulignons un point important : une personne souffrant de TSPT n’est en AUCUN CAS une personne fragile psychologiquement, comme beaucoup de personnes pourraient le penser. 
Scientifiquement, à ce jour, nous ne savons pas pourquoi ce trouble important se manifeste chez l’un et non chez l’autre, pourquoi il peut apparaître assez rapidement après avoir été exposé à un traumatisme ou des années plus tard…

Ayant moi-même souffert de TSPT dans les années qui ont suivi mon activité en tant que chirurgien de guerre dans les pays en conflit, je peux affirmer qu’une des sources principales du TSPT est ce que nous ressentons face à l’impuissance, l’incompréhension de la situation vécue, des décisions prises au niveau hiérarchique, la pénurie ou le manque de matériel de soins dû à la situation exceptionnelle. Cela revient à dire que la personne ressent une émotion excessivement importante : la colère. 

Celle-ci est une émotion naturelle et ne fait aucun mal, à la condition qu’elle puisse être exprimée non pas contre les autres mais pour soi-même afin de s’en libérer. 
Si cela n’est pas le cas, alors elle reste bloquée et c’est ce blocage qui va conduire les personnes à souffrir des symptômes énumérés précédemment et de TSPT.

Aux nombreux problèmes auxquels nous sommes exposés depuis trois mois, dont beaucoup trouvent leur source dans la gestion catastrophique de nos autorités politiques et sanitaires, se surajoute le problème de l’état de santé auquel le personnel soignant est confronté. 

Ceci est évidemment une des conséquences de la situation et espérons que nos autorités ont planifié une action afin que celui-ci puisse être traité de façon adéquate et durable.

Permettez- moi d’avoir de grands doutes à ce sujet…


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