lundi 21 septembre 2020

Le masque est-il nécessaire en salle d'opération ?

6 mois sans masque en salle d'opération n'ont montré aucune augmentation d'infection des plaies !

 

Apolline de Bistrobarblog : Vous avez peut-être lu ici ou là qu'un essai avait été réalisé concernant l'abandon du port du masque en salle d'opération. 

J'ai voulu vérifier l'info et j'ai trouvé l'article en question dans les Annales du Collège Royal de Chirurgie d'Angleterre.

J'ai sauté certains passages et les références d'étude, mais vous pourrez tout lire (en anglais) sur l'article source :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2493952/?page=1

 
Neil Orr, chirurgien
Annales du Royal College of Surgeons of England (novembre 1981) 

Introduction :
Depuis le début du siècle [le 20ème], la coutume veut qu'on porte un masque en salle d'opération. 
À cette époque, on pensait que le portage nasal [microbes dans le nez] était important dans la propagation des maladies infectieuses et on avait constaté que les streptocoques hémolytiques isolés des plaies et ceux de la fièvre puerpérale étaient identiques à ceux contenus dans la gorge des équipes chirurgicales et obstétriciennes.
La prévention de l'infection des plaies opératoires est devenue depuis comme une obsession et il est aujourd'hui obligatoire de réduire à son absolu minimum le nombre de bactéries en salle d'opération. 
À cet effet, diverses et ingénieuses manœuvres ont été réalisées ; parmi les plus simples, le port du masque. 
L'efficacité des masques à réduire l'infection des plaies opératoires n'a jamais été établie mais leur efficacité à réduire la contamination bactérienne a été étudiée dans le plus grand détail. 
D'après des preuves expérimentales, on a développé l'hypothèse que la contamination de boîtes de Pétri disposées stratégiquement était directement corrélée à une infection de tissus vivants. 
Un essai simple a été conçu pour mettre cette hypothèse à l'épreuve.

Matériels et méthodes :
L'essai a été réalisé sur des patients d'une unité chirurgicale de 40 lits, sous la supervision de 2 médecins consultants, d'un chef de clinique et d'un interne. 
L'unité ne comporte qu'une seule salle d'opération dotée de tout l'équipement moderne. 
Le personnel se compose en grande partie d'infirmières à temps partiel et la salle d'opération cesse de fonctionner à 17h et pendant les week-ends. 
La chirurgie générale pratiquée pendant la semaine comprend des cholécystectomies, des gastrectomies, des thyroïdectomies, des résections de l'intestin, des prostatectomies et enlèvement de hernies, des bronchoscopies et des gastroscopies. 
Les urgences sont traitées ailleurs.
(…) Avec l'accord du microbiologiste et de l'équipe de contrôle des infections, il a été décidé qu'on ne porterait pendant un mois aucun masque dans le bloc au cours de l'année 1980. 
S'il y avait une augmentation spectaculaire d'infection des plaies, l'essai serait interrompu. 
Il n'y a pas eu d'augmentation initiale d'infection, l'essai s'est donc poursuivi et les résultats sont présentés pour une période de 6 mois, de mars à août. 
Des prélèvements de nez et de gorge ont été faits chaque mois sur tout le personnel de salle d'opération ou dès que quelqu'un était enrhumé.
Les taux d'infection de plaie ont été comparés avec ceux des 6 mois correspondants des quatre années précédentes. 
La période tout entière a été surveillée par la même équipe de contrôle, les critères d'infection n'ont pas varié.
Aucune restriction n'a été imposée en salle d'opération, comme de parler, de bouger, de porter la barbe ou d'avoir un rhume. 
La routine est en fait restée inchangée sauf que personne n'a porté de masque.


 

Résultats :

(…) Il n'y a pas eu d'augmentation d'infection des plaies avec l'abandon des masques ; il y a eu en fait une diminution significative. 
Les 8 infections qui se sont produites n'avaient aucun lien avec les cultures de gorge ou du nez des membres de l'équipe du bloc.

Discussion :
Une révision de la très volumineuse littérature sur la prévention des infections en salle d'opération montre un biais manifeste en faveur de l'histoire et des hypothèses. 
La plupart des faits se rapportent à la contamination et non à l'infection.
L'efficacité du masque à réduire la contamination varie en fonction de la forme du masque, des matériaux de fabrication et de la manière dont il est porté.
Alors qu'il a été montré que les mouvements faciaux derrière un masque peuvent accroître la contamination des plaies, il n'a pas été démontré que porter un masque fasse une grande différence en matière de contamination de l'environnement de la salle d'opération ou que le nombre de bactéries dans l'air puisse être d'une quelconque façon corrélé avec une infection des plaies. 
Il semblerait qu'une contamination minimum peut se faire au mieux sans porter du tout de masque mais en opérant dans le silence. 
Quelle que soit sa relation à la contamination, le comptage des bactéries ou la dissémination de squames, il n'y a aucune preuve directe que le port d'un masque réduise l'infection des plaies.
(…) Cet essai a été prévu uniquement pour voir si un accroissement d'infection des plaies se produirait, comme il avait été prédit, si le masque n'est pas porté. 
Il ne s'est pas produit. 
La conclusion est que le port du masque n'a que très peu d'intérêt pour le bien-être des patients subissant une opération de chirurgie générale de routine et c'est une pratique standard qu'on pourrait abandonner.


par Apolline pour :
https://bistrobarblog.blogspot.com/2020/09/6-mois-sans-masque-en-salle-doperation.html

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