jeudi 21 janvier 2021

Le Royaume-Uni utilise des morgues provisoires !

Le Royaume-Uni utilise des morgues provisoires pour faire face aux morts de la COVID-19 ! 

 


Installé sur une pelouse d’Epsom, dans le sud de l’Angleterre, un chapiteau blanc accueille des dizaines de corps : cette morgue provisoire de 170 places doit soulager des hôpitaux submergés par la vague actuelle de décès dus à la COVID-19.
Le Royaume-Uni subit de plein fouet les effets d’un variant considéré comme plus contagieux du coronavirus (Variant apparu après le début des vaccinations ainsi que l'explosion des malades !) qui a entraîné une flambée des contaminations, ainsi qu’une hausse de la mortalité culminant vendredi à 1325 décès enregistrés en 24 heures — du jamais vu depuis le début de la crise.
Cette aggravation exerce une pression considérable sur les hôpitaux : sur leurs services de réanimation certes, mais aussi sur leurs morgues. Et, par ricochet, sur le secteur funéraire.
Faute de places, la morgue provisoire d’Epsom, dans le comté du Surrey, en banlieue sud-ouest de Londres, accueille ainsi 170 corps, dont plus de la moitié sont des personnes mortes de la COVID-19, selon le conseil local.
Mais si les 1.400 places temporaires disponibles ne suffisaient plus dans les prochaines semaines, le comté se trouverait en "réelle difficulté", a averti un porte-parole du Local Resilience Forum du Surrey, créé pour coordonner la réponse des autorités locales à la pandémie.
Lorsque cette morgue a ouvert en mars dans un centre de réhabilitation, 700 corps y ont transité en l’espace de 12 semaines. 
À titre de comparaison, "depuis le 21 décembre, après seulement deux semaines et demie, 300 corps sont passés" par cette morgue temporaire, a déclaré le porte-parole.
À Londres, les autorités sanitaires estiment qu’à certains endroits jusqu’à une personne sur 20 est actuellement atteinte du coronavirus — bien au-delà de la moyenne nationale déjà très élevée d’une personne sur 50.
Les préparatifs ont commencé pour installer une nouvelle morgue temporaire près du crématorium de Breakspear, dans le nord-ouest de Londres, pour "compléter la capacité existante", a déclaré à l’AFP un porte-parole des autorités locales.
Cette installation n’a pas encore été mise en service. 
Le recours à d’autres morgues provisoires, installées au début de la pandémie, n’a pas encore été nécessaire lors de cette deuxième vague, a-t-il ajouté.
Pour l’instant, "les morgues de Londres font face et coopèrent pour soulager les pressions localisées, et des funérailles continuent d’être organisées dans toute la capitale", a déclaré ce porte-parole.

Afflux massif !
Deborah Smith, porte-parole d’une association d’entreprises de pompes funèbres, la National Funeral Directors Association, a déclaré à l’AFP que des discussions étaient en cours dans tout le Royaume-Uni sur le recours à des morgues temporaires.
Son secteur fait face à trois défis, explique-t-elle : le pic des décès dus à la COVID-19, les taux de mortalité qui sont habituellement plus élevés en hiver et la probabilité d’employés tombant malades.
"Les chiffres sont plus élevés, le sentiment d’inconnu aussi", a expliqué Mme Smith. 
"Nous ne savons pas pendant combien de temps les chiffres continueront à augmenter, avant qu’ils ne diminuent à nouveau."
Siraj Qazi, directeur du Ghousia Funeral Service, une morgue au service de la communauté musulmane à Luton, à 32 kilomètres au nord de Londres, constate un "afflux massif" ces deux dernières semaines.
"Nous faisons des enterrements tous les jours et les décès dont nous nous occupons actuellement sont principalement liés à la COVID-19", a déclaré M. Qazi. 
Des niveaux similaires à ceux observés lors du pic de la première vague en mars et avril dernier, lorsque son entreprise s’était retrouvée presque débordée.
Le Royaume-Uni est actuellement le pays d’Europe le plus endeuillé par la maladie causée par le SRAS-CoV-2 avec près de 82.000 morts, et son service de santé se prépare à ses "pires semaines de la pandémie", a prévenu le médecin-chef de l’Angleterre, Chris Whitty.

Par 
 William Edwards : 
https://www.ledevoir.com/monde/europe/593156/

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